(c) A.S.O./Bruno Bade

Paris-Tours : Le cavalier seul de Jelle Wallays

Jelle Wallays a brillamment remporté la 113e édition de Paris-Tours ce dimanche. Après avoir suscité la grogne des coureurs l’an passé pour leur introduction, les chemins de vignes étaient de retour, mais moins nombreux et plus espacés. La course a alors explosé bien avant l’entrée sur les dix kilomètres empierrés restants. Aux prises avec un fort vent de face, les coureurs ont livré une course dure dès le départ. Plusieurs cassures ont animé l’épreuve, mais tout est rentré en ordre à soixante-dix kilomètres du but. Ils étaient alors une soixantaine encore dans le coup, à l’abord du premier secteur empierré. Après une tentative lointaine du tenant du titre Soren Kragh Andersen, Jelle Wallays est sorti seul à 52 unités du but. Il n’a jamais été revu ! Le vainqueur de l’édition 2014 a alors inscrit son nom une deuxième fois au palmarès de l’épreuve, après un véritable exploit solitaire. Niki Terpstra et Oliver Naesen se sont isolés dans le final et complètent le podium dans cet ordre. 

Dès le départ de Chartres, les coureurs se heurtent à un fort vent de face. Il s’avère alors très difficile de sortir et les premières tentatives sont vaines. C’est au bout de quinze kilomètres qu’un trio parvient finalement à s’isoler. Alex Dowsett (Katusha-Alpecin), Andreas Stokbro (Riwal-Readynez) et Adam De Vos (Rally-UHC) croient tenir le bon bout, mais le peloton ne laisse pas filer. Les trois fuyards prennent une minute d’avance avant de voir leurs poursuivants revenir à dix petites secondes! Dowsett décide alors de se relever. C’est là que le peloton accepte enfin de donner de la marge à l’échappée. Voyant que le bon coup est en train de filer, Kenny Molly (Wallonie-Bruxelles), Tony Hurel (St Michel-Auber 93), Tom Dernies et Samuel Leroux (Natura4Ever-Roubaix Lille Métropole) sortent en contre.

Les quatre contre-attaquants sont attendus par le duo de tête et recollent rapidement. Dans un second temps, Mathijs Paasschens (Wallonie-Bruxelles) se lance seul en poursuite et vient porter à sept le nombre de coureurs échappés. Au maximum, le peloton accorde 3’50” de marge aux fuyards. La Groupama-FDJ vient ensuite rouler et réduit progressivement l’écart. Avant un gros coup d’accélérateur à l’approche du ravitaillement. Le peloton explose alors en même temps qu’il reprend les hommes de tête, à plus de cent kilomètres de l’arrivée! La course n’attend pas les chemins de vignes pour se lancer pleinement : l’allure est terrible malgré un fort vent de face. Il n’y a alors plus qu’une soixantaine d’unités dans le premier peloton à cent kilomètres du but, puis quarante-cinq lorsqu’une nouvelle cassure intervient!

Le premier groupe fait le break dans les kilomètres qui suivent et relègue rapidement ses premiers poursuivants à une minute. Les formations Groupama-FDJ, Lotto Soudal et Arkéa-Samsic s’y entendent parfaitement et creusent l’écart. Le tenant du titre Soren Kragh Andersen (Sunweb) brise la bonne collaboration en attaquant à 70 kilomètres du but ! Il est suivi par le seul Boy van Poppel (Roompot-Charles), et le premier peloton laisse filer. Une aubaine pour le groupe que l’on pensait battu, qui parvient à recoller. Ce sont alors deux hommes qui entament la première des sept bosses du jour en tête. Kragh Andersen distance directement Van Poppel et s’en va seul arpenter le premier chemin de terre. Il le passe sans encombre et est pris en poursuite par Jelle Wallays (Lotto Soudal) alors que Groupama-FDJ hausse le ton en tête de peloton.

Les crevaisons s’enchaînent ensuite et la course explose en même temps que la mécanique. Seul en tête, Andersen crève à 45 kilomètres du but et repart derrière Wallays. Il est vite repris par un peloton très réduit et laisse le Belge ouvrir la route en solo. Le vainqueur de l’édition 2014 n’en demandait pas tant et entame un long cavalier seul. La poursuite de l’homme de tête se précise à 27 kilomètres du but, lorsque AG2R-La Mondiale place une grosse accélération. Onze costauds se dégagent alors du peloton avec notamment Naesen, Démare, Küng ou encore Terpstra, mais Wallays les tient en respect. Le Belge compte encore 1’20” d’avance à 20 kilomètres du but! Les favoris n’ont plus d’équipiers et ne s’entendent plus en chasse. Ils procèdent par attaques successives et voient Wallays conserver sa marge à dix kilomètres de la ligne.

Le Belge passe le dernier chemin de vignes sans encombre et n’a plus qu’une bosse à grimper pour conclure son numéro. Il l’avale sans sourciller et s’envole vers sa première victoire de la saison. C’est aussi son deuxième sacre sur Paris-Tours après celui acquis en 2014, sur un parcours bien différent. Trente secondes derrière, Naesen et Terpstra parviennent à s’isoler en chasse à cinq kilomètres du but, mais c’est trop tard. Les deux Flandriens se disputent alors le premier accessit, sans jamais inquiéter Wallays. Terpstra s’en empare, sans véritablement sprinter, devant Naesen. Démare termine quatrième non loin.

Le top 10 de Paris-Tours : 
1. Jelle Wallays (Lotto Soudal) en 5h34’20”
2. Niki Terpstra (Total Direct Energie) à 29″
3. Oliver Naesen (AG2R-La Mondiale) m.t.
4. Arnaud Démare (Groupama-FDJ) à 36″
5. Amaury Capiot (Sport Vlaanderen-Baloise) à 49″
6. Aimé De Gendt (Wanty-Gobert) m.t.
7. Lars Bak (Dimension Data) à 51″
8. Bert De Backer (Vital Concept-B&B Hotels) à 53″
9. Kevyn Ista (Wallonie-Bruxelles) m.t.
10. Julien Vermote (Dimension Data) m.t.

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