Tour de Münster : Alvaro Hodeg d’un rien devant Pascal Ackermann

Sous une pluie battante et au terme d’un final très tendu, Alvaro Hodeg a remporté ce jeudi le 14e Tour de Münter de l’histoire, devenant le tout premier Colombien à y lever les bras. Le coureur de la Deceuninck-Quick Step a profité d’un bon train de ses équipiers dans les hectomètres pour démarrer le sprint final en tête sur la route détrempée puis tenir tête jusqu’à la ligne à Pascal Ackermann (Bora-hansgrohe), dont le retour s’est avéré insuffisant pour quelques centimètres seulement. Le champion de Belgique Tim Merlier (Corendon-Circus) a pris la troisième place tandis que Brian van Goethem (Lotto-Soudal) a réalisé un beau numéro dans le final, résistant jusque dans les 500 derniers mètres, après avoir été échappé lors des trois premiers quarts de la course.

L’échappée est quasi immédiate ce jeudi à l’occasion du 14ème Tour du Münster. Dès les toutes premières minutes, un trio composé de  Brian van Goethem (Lotto-Soudal), Maurits Lammertink (Roompot-Charles) et Lars Kulbe (Sauerland-NRW) prend la poudre d’escampette et se voit bientôt rejoint par un duo composé de Juri Hollmann (Heizomat rad-net.de) et Marc Clauss (Dauner-Akkon). Ils sont donc cinq à obtenir un bon de sortie de la part du peloton où nombre d’équipes de sprinteurs sont présentes pour défendre leurs propres intérêts. Elles laissent malgré tout les cinq fuyards du jour prendre près de six minutes d’avance durant la première heure de course. La première moitié de l’épreuve s’inscrit donc dans un schéma traditionnel sans grandes péripéties si ce n’est une chute massive qui contraint Enzo Wouters (Lotto-Soudal) à l’abandon. Puis, à l’approche de la mi-course, la pluie recommence à tomber, par intermittence, et les dernières difficultés de la journée se profilent. L’échappée compte encore quatre minutes d’avance à cent bornes de la ligne mais le peloton se rapproche gentiment sous la conduite de la Jumbo-Visma, de la Deceuninck-Quick Step, d’UAE Team Emirates ou bien encore de la Corendon-Circus de Tim Merlier et Mathieu van der Poel. C’est justement le prodige néerlandais qui, à environ 80 kilomètres, vient rompre la monotonie de la course et le calme au sein du paquet.

Le protagoniste du dernier Mondial sort en effet de sa réserve très loin de l’arrivée pour placer une belle attaque, profitant des derniers reliefs du parcours. Peu lui embrayent le pas, mais c’est le cas de Bryan Coquard (Vital Concept-B&B Hotels) ou bien de Mike Teunissen (Jumbo-Visma). Mathieu van der Poel maintient son effort quelques minutes mais le peloton, mené par la Bora-hansgrohe notamment, réagit bel et bien à son offensive et le ramène une première fois dans le rang. Néanmoins, la course est bel et bien relancée tandis que l’échappée voit son avantage réduit à deux minutes. De multiples contres sont alors perpétrés pendant une dizaine de kilomètres, dont celui de Dries De Bondt (Corendon-Circus), coéquipier de van der Poel. À l’avant, van Goethem et Lammertink sentent le danger et relancent ensemble, prolongeant ainsi quelque peu leur aventure à l’avant. Mais à 65 kilomètres de la ligne, ils ne jouissent plus que d’une minute d’avance. Les choses ne s’arrangent pas lorsque Mathieu van der Poel, encore lui, replace une banderille quelques instants plus tard dans l’ultime bosse du jour. Kasper Asgreen (Deceuninck-Quick Step) s’accroche et l’empêche de filer en solitaire. Et finalement, tout rentre dans l’ordre peu après, le champion du monde du cyclo-cross ayant tout tenté pour éviter un sprint massif. L’échappée, pour sa part, doit rendre les armes peu avant la bannière indiquant les cinquante derniers kilomètres.

Le peloton, de nouveau organisé et compact, est ainsi repris en main par les différentes équipes de sprinteurs ; Deceuninck-Quick Step, Jumbo-Visma, Bora-hansgrohe et UAE Team Emirates en tête. Dès lors, plus aucune échappée ne se développe même si certains tentent bien de se faire la malle sans succès. À 40 kilomètres du but, c’est un paquet bien groupé qui entre dans la dernière heure de course, et dès lors, plus rien ne se passe. Il évolue simplement à une allure modérée et sans aucun coureur à chasser. La pluie, en revanche, continue d’accompagner les coureurs à l’approche des vingt derniers kilomètres. Elle redouble même en intensité et c’est alors Nils Politt (Katusha-Alpecin), deuxième l’an passé, qui apporte un peu d’animation. L’Allemand démarre juste avant le panneau des 20 bornes mais sa tentative est neutralisée en l’espace de trois minutes. Derrière, c’est Brian van Goethem (Lotto-Soudal), échappé plus tôt, qui replace une offensive solitaire. À quinze kilomètres de la ligne, son avance ne culmine toutefois qu’à dix secondes. Il conserve malgré tout les commandes jusqu’au premier passage sur la ligne, à 13 kilomètres. Derrière, les formations de sprinteurs le musèlent à la perfection. À l’entame du second des trois tours locaux, le Néerlandais compte d’ailleurs toujours dix secondes sur un peloton cassé en deux, en raison notamment de la route et d’une section pavée détrempées.

Malgré son avance très maigre, Brian van Goethem ne rend pas les armes sous la pluie battante et passe même en tête lors du dernier passage sur la ligne, à un peu plus de quatre bornes du but. Son avance est encore de sept secondes mais les équipes de sprinteurs mettent alors leur train en place. On aperçoit notamment les équipes Sunweb et Trek-Segafredo aux commandes. Sur la section pavée, le peloton s’étire tandis que l’homme de tête continue de s’employer dans l’espoir de concrétiser. À deux bornes, six secondes le séparent encore de la meute … mais la formation Jumbo-Visma de Dylan Groenewegen apparait en tête. Sous la flamme rouge, la différence est encore de 40 mètres en faveur du Néerlandais mais l’emballage se prépare désormais plus franchement et tout le monde remonte. En particulier, la Deceuninck-Quick Step repositionne Alvaro Hodeg en vue de la dernière ligne droite et le Colombien est en mesure de lancer son sprint à près de 200 mètres en tête. Derrière lui, Pascal Ackermann (Bora-hansgrohe) opère une belle remontée après un léger contact avec Max Walscheid (Sunweb), le tenant du titre, tandis que le poisson-pilote d’Hodeg, Florian Sénéchal, glisse et se retrouve au sol en plein sprint. Son leader ne se pose pour sa part aucune question et donne son maximum jusqu’à la ligne, parvenant à l’emporter d’un boyau devant Ackermann. Tim Merlier s’empare lui de la troisième place.

Classement 

1 Álvaro José Hodeg (Deceuninck – Quick Step)
2 Pascal Ackermann (BORA – hansgrohe) t.m.t
3 Tim Merlier (Corendon – Circus)
4 Fernando Gaviria (UAE-Team Emirates)
5 Max Walscheid (Sunweb)
6 Mike Teunissen (Jumbo-Visma)
7 Christophe Noppe (Sport Vlaanderen – Baloise)
8 Piet Allegaert (Sport Vlaanderen – Baloise)
9 Roy Jans (Corendon – Circus)
10 Niccolò Bonifazio (Total Direct Energie)

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