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Les incroyables révélations des coureurs de Verandas Willems-Crelan

Hier le journal Het Nieuwsblad révélait l’existence d’un malaise entre Wout van Aert et son équipe Verandas Willems – Crelan (lire ici), Crelan – Charles dans sa déclinaison cyclo-cross. Un malaise sur lequel le double Champion du Monde de cyclo-cross ne voulait pas s’étendre face à la presse mais qui semblait assez général et partagé par plusieurs coureurs de l’équipe. La cause principale : les vélos Felt utilisés par l’équipe belge. Dans son édition d’aujourd’hui le Nieuwsblad a creusé et est allé à la rencontre de trois des coureurs de l’équipe pour en savoir plus. Et leurs révélations valent le détour !

« Ça a mal commencé dès le départ, explique Gaetan Bille au Nieuwsblad. Dès que les vélos sont arrivés de chez Felt. C’était clair dès le début qu’il y avait un problème. Les vélos n’étaient pas assez rigides. Si vous pédalez doucement ça va mais lorsque l’on mettait de la puissance, nous n’obtenions pas la vitesse que nous aurions eu avec d’autres vélos. » Het Nieuwsblad a aussi interrogé Sander Cordeel et Otto Vergaerd qui confirment les dires de Bille. « C’était clair dès le départ que nous ne serions pas compétitif » poursuit ce dernier.

Et dès le début de la saison route, les problèmes se posent avec plusieurs coureurs hors délai dès le Grand Prix d’ouverture La Marseillaise. « Le problème a été signalé à Nick Nuyens (manager général de l’équipe) après L’Etoile de Bessèges, poursuit Bille. Il ne voulait pas en entendre parler. Et il nous a bien fait comprendre qu’on ne devait pas dire un mot à ce sujet à la presse« .

On apprend aussi dans l’article du quotidien belge que les coureurs de Verandas Willems – Crelan ont couru l’Omloop Het Nieuwsblad avec des cadres de cyclo-cross ! Selon Bille, Nuyens voulait attendre le retour à la compétition route de Wout van Aert (qui faisait sa pause après sa riche saison de cyclo-cross). Avec Van Aert, Nuyens espérait que les victoires viendraient et qu’ainsi il démontrerait que le vélo était performant et que c’était donc aux coureurs de l’être également. Mais Van Aert n’a commencé sa saison route que mi-mai, au Tour de Norvège. « 3 mois de perdus » comme le résume Gaetan Bille.

Van Aert n’y obtient pas de résultat mais l’équipe commence à chercher des solutions avant le Tour de Belgique. Et la solution trouvée est pour le moins originale ! Verandas Willems – Crelan a acheté d’anciens vélos Felt de… Skil – Shimano ! Mais seulement quatre. Timothy Dupont (le sprinter), Wout van Aert, Dries De Bondt et Huub Duijn étaient les heureux élus. Le choix s’est fait en fonction du nom… mais aussi de la taille des vélos disponibles. Bille précise d’ailleurs que la nouvelle machine de Dupont faisait « deux tailles de trop« . Cela explique peut-être son exclusion du BinckBank Tour par sa propre équipe pour incompatibilité d’humeur (lire ici). Mais il faut dire aussi que la relation entre Dupont et Nuyens n’a jamais été bonne. Il rejoindra d’ailleurs l’équipe Wanty – Groupe Gobert l’an prochain.

Mais l’histoire devient encore plus folle ! Alors que l’atmosphère s’est fortement alourdie dans l’équipe, Gaetan Bille, qui est en fin de contrat, doit prouver sa valeur s’il veut espérer rester professionnel en 2018. Avant le Championnat de Belgique, il décide alors d’acheter son propre vélo, à ses frais ! Un vélo Felt bien sûr pour pouvoir l’utiliser en compétition et que personne ne remarque qu’il s’agisse d’un vélo personnel. « Il était totalement équipé avec du matériel correspondant aux sponsors de l’équipe mais Nuyens était furieux ! Je n’étais pas autorisé à utilisé ce vélo. J’étais payé par l’équipe et je devais courir sur le vélo qu’on me donnait. » A partir de ce moment, Bille explique avoir été beaucoup plus rarement inclus dans les compositions de l’équipe. « Une fois toutes les cinq semaines, ce qui est apparemment le minimum pour l’UCI« .

Selon Het Nieuwsblad toujours, Vergaerde et Cordeel ont eux reçu des nouveaux vélos fin août, début septembre… trop tard pour obtenir des résultats qui puissent convaincre des équipes de les recruter. Gaetan Bille redescendra en Continentale dans l’équipe Natura4ever – Sovac de Geoffrey Coupé. Vergaerde et Cordeel n’ont eux pas encore trouvé de solution.

A la fin de la saison Verandas Willems – Crelan a obtenu cinq victoires sur route, dont trois pour Wout Van Aert, une pour Huub Duij, et enfin la dernière pour Timothy Dupont. C’est loin des 24 victoires de la saison 2016 de l’équipe Verands Willems, avant que celle-ci ne soit renforcée et passe Continentale Pro. Mais il ne faut pas aussi perdre de vue que l’équipe a pris part à un calendrier plus relevé.

En tout cas, il va falloir trouver des solutions pour Nick Nuyens. La gronde semble prendre de l’ampleur avec le mécontentement désormais public de Wout van Aert, le leader de l’équipe. Le manager de Verandas Willems – Crelan, lui-même ancien vainqueur du Tour des Flandres, espère que son équipe sera invitée à Paris-Roubaix en 2018 or les places seront chères (lire ici). Avec van Aert sur les pavés de l’Enfer du Nord, ce serait un super coup de com’ à l’international pour l’équipe belge et si le double Champion du Monde y performe, cela pourrait offrir de nouveaux horizons à l’avenir. Mais une polémique de ce type tombe assez mal. De plus la mauvaise image renvoyée à la marque Felt risque aussi de ne pas satisfaire l’équipementier américain.

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5 Commentaires

  1. Les différences entre les cadres sont nettement perceptibles par les coureurs pros. La différence est encore plus flagrante lors des contre-la-montre.

    Les vélos EXS de Bretagne-Schuller avaient consterné les coureurs en 2010. Mais c’est toujours un tabou car la marque paye et donc les coureurs ne peuvent rien dire. A contrario, l’arrivée des vélos Look en remplacement des Kemo avait soulagé les coureurs. Ce n’est même pas une histoire de marque, c’est le rendement du cadre qui joue. A la première sortie, ils font la différence et jugent de la valeur d’un vélo. Pour le moral ça joue aussi car beaucoup d’adversaires, notamment ceux des grandes équipes, pédalent sur des machines de guerre…

  2. J’ai également connu ces genres de désagréments lors de mes expériences professionnelles. Que se soit chez Coolstrop ou encore Ville de Charleroi, ne matériel n’a jamais été à la hauteur. Les seules fois où le matériel était à la hauteur c’était dans les équipes amateurs (Courtrai et Roubaix).

    • En tant que Nordiste je me souviens de ces équipes, même si j’étais jeune. Ce n’était pas le même contexte.
      Collstrop, si je ne me méprends pas, ils avaient une vieille voiture, un van et un fourgon et c’était tout non ? Donc je n’imagine même pas au niveau des vélos.
      Ville de Charleroi (puis Marlux – Wincor Nixdorf si je ne dis pas de bêtises), c’était un peu mieux je crois mais ce n’était pas la joie non plus (je parle logistiquement pas des coureurs). Je crois me rappeler qu’ils avaient un peu meilleure mine mais je me souviens aussi que sur les 4 Jours de Dunkerque, une course importante pour les petites équipes belges à l’époque, lors du week-end et de l’étape des monts, il devait y avoir des kermesses en belgique. Et du coup en course, ils n’avaient plus qu’une très vieille voiture (VW je crois) qui donnait l’impression qu’elle allait rendre l’âme à chaque passage du Mont-Noir ou du Rodeberg.
      La plupart des équipes de DN d’aujourd’hui ont meilleure mine que ne l’avaient ces équipes à l’époque (encore une fois je ne parle pas des coureurs).

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