(c) Jean-Claude Faucher

Tour de Murcie : Luis Leon Sanchez rafle tout !

Encore loupé pour Alejandro Valverde. L’Espagnol devra encore patienter pour savourer son premier succès avec le maillot arc-en-ciel. Ce samedi, c’est son compère murcien Luis Leon Sanchez qui l’a privé de la – double – victoire sur le Tour de … Murcie, justement. Si Valverde avait réussi à s’isoler dans l’ultime difficulté de cette deuxième et dernière étape, il a toutefois été rejoint par le coureur d’Astana dans la descente, et les deux hommes se sont joués la victoire au sprint quelques secondes devant un groupe de poursuivants. Luis Leon Sanchez s’est alors offert le scalp du champion du monde et en profite pour enlever le général final. Son collège Pello Bilbao, leader avant l’étape, termine quelques secondes plus loin dans un groupe réglé par Matteo Trentin (Mitchelton-Scott) pour la troisième place.

Au contraire de la veille, le départ de la deuxième étape du Tour de Murcie, ce samedi, est particulièrement dynamique. Les premières tentatives ne sont pas couronnées de succès, et la bataille pour l’échappée dure près d’une trentaine de minutes. Ce n’est qu’à l’issue de la première bosse que Peter Kennaugh (Bora-hansgrohe) parvient à s’extraire. D’abord opposé à cette manoeuvre, le peloton décide finalement de laisser une petite marge au Britannique, qui est plus tard rejoint par neuf hommes : Tom Devriendt (Wanty-Groupe Gobert), Justin Timmermans (Roompot-Charles), Mauricio Moreira (Caja Rural-Seguros RGA), Nikolay Cherkhasov (Gazprom-RusVelo), Angel Madrazo (Burgos BH), Robin Carpenter (Rally Cycling), Urko Berrade (Euskadi-Murias), Paul Ourselin (Direct Energie) et Txomin Juaristi (Fundacion Euskadi). Toutefois, l’équipe Astana, auteure du triplé hier, ne laisse qu’une petite minute d’avance à ce groupe d’audacieux. Une fois l’échappée formée, la formation kazakhe s’attache simplement à la maintenir à portée de fusil.

De fait, la moyenne horaire atteint 47,1 km/h après la première heure de course, et le tempo ne faiblit pas. Tant à l’avant qu’à l’arrière. L’écart reste d’une minute, et ce jusqu’au pied d’un premier enchaînement décisif, à la mi-course.  Les coureurs abordent en effet l’Alto de Aledo avant l’Alto Collado Bermejo, et ça s’anime alors quelque peu. Jakob Fuglsang (Astana), Damien Howson (Mitchelton-Scott) et Riccardo Zoidl (CCC) sortent du peloton et n’ont aucun mal à reprendre l’échappée, où du moins ce qu’il en reste, avant la fin du premier col.Puis, alors de nouvelles offensives surviennent depuis le peloton, avec Hector Carretero, Ruben Fernandez (Movistar) mais aussi Omar Fraile (Astana), Zoidl décide lui de s’isoler en tête de course. Tous les échappés matinaux sont décrochés, mais Fuglsang et Howson se lancent eux à la poursuite de l’Autrichien. Après un bel effort, la jonction s’opère entre l’homme de tête et ce duo, mais Alejandro Valverde vient rebattre toutes les cartes en plaçant à son tour un démarrage depuis le groupe des favoris. Le peloton s’écrème très vite tandis que Fuglsang fait la différence sur ses concurrents en tête. Suffisamment pour basculer dans la descente en solitaire.

Derrière, malgré l’attaque de Valverde, un joli groupe de favoris d’une quinzaine d’hommes se compose. Ce groupe s’élargit davantage dans les minutes qui suivent au profit de la descente, dans laquelle plusieurs lâchés font leur retour. Alors, à environ cinquante kilomètres de l’arrivée, on retrouve Fuglsang en tête et un peloton d’une trentaine d’unités en chasse. La Movistar mène la poursuite et reprend d’ailleurs le Danois un peu plus loin. Tout est à refaire, et si Christopher Juul Jensen (Mitchelton-Scott) tente une brève attaque, il se rétracte tout aussi rapidement. Le peloton retrouve alors un peu de calme sous l’autorité de la formation Astana, qui tempère les ardeurs de certains. Une dizaine de coureurs viennent encore grossir les rangs du paquet et c’est une quarantaine d’hommes qui entament ensemble la dernière heure de course. Tout ce petit monde prend donc la direction de la dernière ascension du jour, située à 16 bornes de la ligne, et l’écurie du leader ne laisse rien passer.

Ainsi, pendant près de 30 kilomètres, Jakob Fuglsang, précédemment échappé, s’attache à maintenir un bon tempo dans le peloton et plus aucune attaque ne se produit.  À vingt bornes du but, les choses s’intensifient quelque peu, et la Mitchelton-Scott ainsi que la Movistar se replacent, à l’approche de l’Alto Cresta del Gallo (4,4km à 6,5%). Dès les premières rampes, la sélection s’opère par l’arrière, sous l’impulsion d’Astana.  Mais il faut attendre trois kilomètres avant le sommet pour voir une attaque se produire. Elle est l’oeuvre d’Alejandro Valverde, bien lancé par Ruben Fernandez. Le champion du monde prend ses distances, et seul Luis Leon Sanchez parvient à s’accrocher. Le coureur de la Movistar insiste et finit par décrocher son compatriote à un peu plus d’un kilomètre du sommet. Il se construit un léger avantage de dix secondes sur Sanchez tandis que le groupe du leader Bilbao, avec Omar Fraile, Jakob Fuglsang (Astana), Matteo Trentin (Mitchelton-Scott), Patrick Konrad (Bora-hansgrohe), Jose Herrada (Cofidis) et Oscar Rodriguez (Euskadi-Murias), bascule dans la descente avec une vingtaine de secondes de retard.

Tout reste donc à faire, et si le groupe Bilbao semble coincer quelque peu, Sanchez réalise lui une belle descente et revient tout proche de Valverde dans les dix derniers kilomètres. Il réussit même à rentrer sur le champion du monde à plus de cinq bornes de la ligne alors que ses collègues pointent encore à plus de vingt secondes. Bien qu’ayant trois coéquipiers derrière, dont le leader de l’épreuve, Sanchez décide de s’allier à Valverde malgré la menace de tout perdre. Les deux hommes collaborent, conservent vingt secondes à deux bornes du but et plus de dix secondes sous la flamme rouge. Après un dernier relais, Sanchez se glisse dans la roue de Valverde, qui n’a pas d’autres choix que d’emmener dans la dernière ligne droite. Le champion du monde hésite à lancer, mais il est finalement pris par Sanchez qui démarre son effort à 150 mètres du but. Le coureur d’Astana prend immédiatement quelques mètres et ne sera plus revu. Luis Leon Sanchez rafle donc l’étape et le général, tandis que Valverde, beau joueur, l’applaudit en passant la ligne en deuxième position. Quelques secondes plus tard, Matteo Trentin s’octroie la troisième place en réglant le groupe de poursuivants.

Classement de la deuxième étape

1 Luis Leon Sanchez (Astana)
2 Alejandro Valverde (Movistar) m.t
3 Matteo Trentin (Mitchelton-Scott) à 0’13
4 Patrick Konrad (Bora-hansgrohe) m.t
5 Pello Bilbao (Astana) m.t
6 Oscar Rodriguez (Euskadi-Murias) m.t
7 Jose Herrada (Cofidis) m.t
8 Jakob Fuglsang (Astana) à 0’16
9 Omar Fraile (Astana) à 0’16
10 Sergei Chernetskii (Caja Rural-Seguros RGA) à 1’29

Classement général final

1 Luis Leon Sanchez (Astana)
2 Alejandro Valverde (Movistar) m.t
3 Pello Bilbao (Astana) à 0’10
4 Patrick Konrad (Bora-hansgrohe) à 0’13
5 Omar Fraile (Astana) à 0’16
6 Jakob Fuglsang (Astana) m.t
7 Matteo Trentin (Mitchelton-Scott) à 0’19
8 Jose Herrada (Cofidis) m.t
9 Oscar Rodriguez (Euskadi-Murias) m.t
10 Sergei Chernetskii (Caja Rural-Seguros RGA) à 1’35

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