(c) Sirotti

Tour de France : Un numéro signé De Gendt, Alaphilippe retrouve le maillot jaune

Après une étape interminable, le peloton du 106e Tour de France avait rendez-vous avec un véritable chemin de croix ce samedi. Sept difficultés émaillaient alors le parcours, long de 200 kilomètres entre Mâcon et Saint-Étienne. Un tracé idéal pour les spécialistes des Ardennaises, avec une bosse de deux kilomètres à 7,9% à 15 unités du but. Dernier rescapé de l’échappée, Thomas De Gendt a été héroïque pour s’imposer en solitaire. Derrière lui, Julian Alaphilippe s’est envolé dans la dernière difficulté avec Thibaut Pinot. Les deux Français ont réussi à conserver un mince avantage sur le groupe maillot jaune à l’arrivée, s’expliquant pour le premier accessit. Pinot a pris la deuxième place, Alaphilippe la troisième. Ce dernier récupère le maillot jaune aux dépens de Giulio Ciccone ! 

Après un court survol de Mâcon par la patrouille de France, le départ est très rapide. Les candidats à l’échappée sont nombreux, mais la bataille s’avère plus courte que prévu. Et pour cause : Thomas De Gendt (Lotto Soudal), Ben King (Dimension Data) et Niki Terpstra (Total Direct Energie) attaquent d’entrée et écœurent le peloton. Mads Würtz (Katusha-Alpecin) tente de les prendre en poursuite, mais doit rapidement s’avouer vaincu. C’est ensuite Alessandro De Marchi (CCC) qui se lance en chasse. Le trio de tête ne lui fait aucun cadeau, mais l’Italien parvient à effectuer la jonction après quinze kilomètres d’une intense poursuite. Quatre costauds se retrouvent alors en tête. Après avoir tenté de les ramener directement, le peloton rend les armes et laisse filer. Le quatuor en profite et s’octroie rapidement une avance de quatre minutes.

Les fuyards s’entendent parfaitement et creusent l’écart jusqu’au sprint intermédiaire de Cercié-en-Beaujolais. Ils y passent avec 5’05” d’avance sur le peloton que règle Elia Viviani (Deceuninck-Quick Step) devant Peter Sagan (Bora-hansgrohe). Les choses sérieuses débutent ensuite, avec un enchaînement de sept difficultés et plus un mètre de plat. Tout commence avec l’ascension du Col de la Croix Montmain (2e cat., 6,1km à 7%). De Gendt mène le groupe et passe le sommet en tête. Le peloton y arrive avec 4’40” de retard, sous la conduite des équipes Bora-hansgrohe et Sunweb. Ces deux formations emmènent un rythme soutenu dans les montées, affichant l’objectif d’éliminer les purs sprinteurs. Ils ne tardent pas à réussir leur entreprise, Dylan Groenewegen (Jumbo-Visma) et Caleb Ewan (Lotto Soudal) lâchant prise d’entrée.

Les deux premiers de la septième étape recollent brièvement avant d’être à nouveau distancés sur la difficulté suivante, le Col de la Croix de Thel (2e cat., 4,1km à 8,1%). Yoann Offredo (Wanty-Gobert) et Christophe Laporte (Cofidis) n’ont pas cette chance et évoluent très loin de l’arrière du peloton. Ils vont se battre toute la journée pour entrer dans les délais. A l’avant, De Gendt passe encore en tête au sommet devant King. A ce stade, le peloton se rapproche à quatre minutes. La tendance à la baisse de l’écart se confirme dans la sèche difficulté qui suit, le Col de la Croix Paquet (2e cat., 2,1km à 9,7%). De Gendt y empoche encore le maximum de points, mais voit le peloton revenir à 3’30”.

Directement après cette sévère ascension, le quatuor de tête aborde la Côte d’Affoux (3e cat., 8,5km à 4,5%). L’écart diminue à 3’15” avant de remonter à 3’30” au passage de la zone de ravitaillement. Les distancés, Ewan et Groenewegen en tête, profitent de l’accalmie pour recoller au pied de la difficulté. Les sprinteurs parviennent à s’accrocher dans cette bosse alors que le peloton continue son rapproché progressif. Ce dernier coupe le sommet avec trois minutes de retard sur De Gendt, qui y est passé en tête, encore une fois devant King. Là, Bora-hansgrohe cesse de mener le peloton et se fait remplacer par Deceuninck-Quick Step. La formation belge contrôle alors l’écart autour des trois minutes.

Le peloton lâche du leste dans la cinquième ascension du jour, la Côte de la Croix de Part (2e cat., 4,9km à 7,9%). A l’avant, De Marchi lance les hostilités en accélérant sur un passage à 10%. Terpstra et King n’y résistent pas. Ils laissent leurs compagnons de fuite poursuivre à deux. Le duo De Gendt-De Marchi creuse l’écart sur le peloton et rallie le sommet avec quatre minutes d’avance. A l’arrière, Deceuninck-Quick Step perd des hommes dans l’ascension et cesse de poursuivre l’échappée. Ce sont alors les équipiers de Jakob Fuglsang (Astana) qui prennent les choses en main. Dans la descente qui suit, De Marchi se fait une belle frayeur en ratant un virage, mais c’est sans conséquence. Il repart après un tout-droit et revient sur De Gendt pour attaquer la Côte d’Aveize (2e cat., 5,2km à 6,4%). A ce stade, on apprend l’abandon de Christophe Laporte (Cofidis) qui était pointé à trente minutes à la mi-course.

Dans l’ascension, le train Astana réduit le peloton de moitié et croit anéantir les plans des sprinteurs costauds. Peter Sagan (Bora-hansgrohe) est notamment décroché, alors que Terpstra, puis King sont repris. De Gendt et De Marchi s’entendent toujours et passent le sommet avec 3’30” d’avance. Seulement, il y a du mouvement en tête de peloton : EF Education First vient prêter main forte à Astana et l’allure s’accélère encore. A quarante kilomètres du but, il n’y a plus que 2’45” d’écart entre le duo de tête et le peloton qui évolue en file indienne. Le peloton reprend près d’une minute dans les dix kilomètres suivants, se rapprochant à 1’55”. Malgré la belle résistance du duo de tête, EF et Astana imposent un train très soutenu et continuent de réduire l’écart. Au pied de la Côte de la Jaillère (3e cat., 1,9km à 7,9%), il n’y a alors plus qu’une minute de différence. A l’arrière, Geraint Thomas se fait une frayeur en tombant, mais sans conséquence. Il est vite ramené par Wout Poels.

Dès les premiers pourcentages de l’ultime ascension, De Gendt dépose De Marchi et va tenter de rallier l’arrivée en solitaire. Il réussit à passer le sommet en tête, mais la course s’affole derrière lui. Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) attaque et passe deuxième en haut de la bosse suivi par Thibaut Pinot (Groupama-FDJ). Les deux Français prennent respectivement 5 et 2 secondes de bonification et s’entendent dans la descente pour faire la différence. En tête, De Gendt fait mieux que résister et conserve 20″ d’avance sur le duo tricolore, et 35″ sur le peloton à 3 kilomètres du but. Le baroudeur belge a même le temps de célébrer dans les 300 derniers mètres : il s’impose au terme d’un magnifique numéro. Juste derrière lui, Pinot prend la deuxième place devant Alaphilippe, qui récupère le maillot jaune. Le sprint du peloton a été réglé par Michael Matthews (Sunweb) à 20″ des deux Français. Plusieurs fois distancé du peloton, Peter Sagan s’est bien battu et accroche la cinquième place.

Le classement de la huitième étape : 
1. Thomas De Gendt (Lotto Soudal) en 5h00’17”
2. Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) à 6″
3. Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) m.t.
4. Michael Matthews (Sunweb) à 26″
5. Peter Sagan (Bora-hansgrohe) t.m.t.
6. Matteo Trentin (Mitchelton-Scott)
7. Xandro Meurisse (Wanty-Gobert)
8. Greg Van Avermaet (CCC)
9. Egan Bernal (Ineos)
10. Geraint Thomas (Ineos)

Le classement général après la huitième étape : 
1. Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) en 34h17’59”
2. Giulio Ciccone (Trek-Segafredo) à 23″
3. Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) à 53″
4. George Bennett (Jumbo-Visma) à 1’10”
5. Geraint Thomas (Ineos) à 1’12”
6. Egan Bernal (Ineos) à 1’16”
7. Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma) à 1’27”
8. Rigoberto Uran (EF Education First) à 1’38”
9. Jakob Fuglsang (Astana) à 1’42”
10. Emanuel Buchmann (Bora-hansgrohe) à 1’45”

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