(c) Jean-Claude Faucher

Tour du Pays Basque : Coup double magistral pour Emanuel Buchmann

Bora-hansgrohe et Emanuel Buchmann ont offert un récital ce vendredi dans l’étape reine du Tour du Pays Basque. Après s’être glissé dans un coup à une trentaine de kilomètres du but, le coureur allemand a d’abord été en mesure de s’isoler puis d’aborder la montée finale d’Arrate avec deux minutes d’avance sur le reste de la concurrence, emmenée par une formation Astana piégée dans l’affaire. Buchmann, en solitaire, n’a pas failli dans le juge de paix de l’étape et a finalement franchi la ligne d’arrivée en vainqueur, plus d’une minute devant un trio réglé par Ion Izagirre (Astana) devant Simon Yates et Jakob Fuglsang (Astana). Le maillot jaune Maximilian Schachmann est arrivé deux minutes plus tard et cède sa tunique de leader à … son coéquipier et compatriote Buchmann, qui réalise donc un fameux coup double à la veille de l’arrivée finale.

Au départ de l’étape reine du Tour du Pays Basque, les attaques ne manquent pas. Elle sont même très nombreuses, et c’est d’abord une tentative de Maxime Monfort (Lotto-Soudal), Ben King (Dimension Data), Peter Stetina (Trek-Segafredo) et Nicolas Saenz (Manzana-Postobon) qui semble créer une brèche. Les quatre hommes prennent jusqu’à 45 secondes d’avance, mais dans la première bosse du jour, de nombreuses équipes relancent la course, dont la Sky et Astana, et un regroupement s’opère au sommet. Alessandro De Marchi (CCC) en profite pour grappiller le maximum de points et prendre virtuellement la tête du classement de la montagne. Par la suite, les coureurs se retrouvent dans une portion de vallée, où personne ne parvient à faire la différence, même un groupe de vingt coureurs. C’est alors qu’on se retrouve au km 50, à cent bornes du but, sans échappée devant le peloton. Deux nouvelles bosses se présentent alors face aux coureurs et De Marchi repart chercher des points. Dans la seconde, il poursuit néanmoins son effort, et ce en compagnie de Ruben Fernandez (Movistar), Rudy Molard (Groupama-FDJ) et Mikaël Chérel (AG2R-La Mondiale). Ce dernier est néanmoins lâché peu après et c’est donc un trio qui prend une dizaine de secondes sur le peloton. Mais pas plus.

La Deceuninck-Quick Step se positionne en tête pour Enric Mas et ne permet pas à l’échappée de se développer. La lutte dure pendant une quinzaine de bornes mais la formation belge a finalement raison des trois audacieux peu avant la mi-course, à près de 80 kilomètres du but. Les hommes de Patrick Lefévère gardent les rênes du peloton et impriment un gros rythme jusqu’au pied de la quatrième ascension du jour, répertoriée en troisième catégorie. Pourtant, dès les premières pentes, abruptes, Enric Mas place un démarrage et sème la zizanie. Le peloton vole immédiatement en éclats et c’est un groupe d’une quinzaine de favoris qui se forme à l’avant de la course. Astana le prend en main et ramène d’ailleurs Mas dans le rang au sommet, à un peu plus de 60 kilomètres du but. Après une descente très rapide, les offensives repartent de plus belle, et ce sont Luis Leon Sanchez (Astana) et Gregor Mühlberger (Bora-hansgrohe) qui sentent le bon coup. Le duo prend immédiatement le large tandis que derrière, ça s’observe. Cela permet au peloton de regagner quelques unités, mais un contre s’initie sous l’impulsion de Mikel Landa (Movistar), Patrick Konrad (Bora-hansgrohe) ou encore David Gaudu (Groupama-FDJ).

Dès lors, à cinquante kilomètres de la ligne, la formation Astana n’est plus à l’aise avec la situation de course et la présence de Konrad en contre. Elle se met donc à rouler et opère la jonction après quelques minutes de tension. Toutefois, la course ne perd pas en rythme puisque se présente le mur d’Izua (3 km à près de 13% de moyenne). En tête, Sanchez se débarrasse immédiatement de Mühlberger tandis qu’Enric Mas tente à nouveau de secouer le cocotier dans le groupe des favoris. Cela met notamment en difficulté Maximilian Schachmann (Bora-hansgrohe), qui serre les dents et fait l’élastique en queue de groupe. Un groupe qui se réduit à une quinzaine d’unités sous l’impulsion de Gorka Izagirre. Schachmann, à son train, tente de limiter les dégâts même s’il abandonne quelques petits mètres à ses concurrents. Il semble d’ailleurs recoller sur le sommet, à 40 bornes du but, alors que Ion Izagirre passe à l’attaque juste devant. Le coureur d’Astana rejoint son coéquipier Sanchez en tête … mais emmène tout le reste des favoris avec lui. C’est ainsi qu’une vingtaine d’hommes bascule en tête après cette courte mais très exigeante montée. Schachmann inclus. À nouveau, la descente est effectuée grand train par l’équipe Astana, et par Sanchez qui prend quelques mètres au bas.

L’Espagnol est rejoint par Emanuel Buchmann (Bora-hansgrohe) et Sergio Henao (UAE Team Emirates) mais les relais ne sont pas francs. Pour autant, l’écart se fait puisque derrière eux, ça s’observe complètement. Ainsi à la faveur de quelques attaques, et à l’arrivée de Valentin Madouas (Groupama-FDJ) sur ce groupe de tête, l’écart grimpe à trente secondes. Luis Leon Sanchez et Emanuel Buchmann ne collaborent pas, mais le travail d’Henao et de Madouas permet au groupe de totaliser une minute d’avance à 25 bornes de la ligne. Astana prend conscience du danger, fait relever Sanchez et se met à la place dans un peloton de nouveau consistant. Mais le mal est sans doute déjà fait. Le trio de tête entame l’avant-dernière bosse du jour, assez roulante, avec 50 secondes d’avance. Buchmann, longtemps attentiste, prend cette fois-ci l’initiative et n’a aucun mal se défaire d’Henao et Madouas. L’Allemand part alors pour un solo de plus de vingt kilomètres. Surtout, il creuse rapidement son avantage. Astana est impuissante derrière lui puisqu’elle fait rouler Luis Leon Sanchez, déjà à l’ouvrage plus tôt. Buchmann passe avec 1’20 au sommet de l’avant-dernière bosse, et même 1’50 après l’enchaînement de deux buttes répertoriées qui précèdent la montée finale.

Astana est prise au piège, fait rouler Gorka Izagirre, mais même le soutien de la Movistar ne permet pas de grignoter sur l’homme de tête. Celui-ci se présente au pied de l’ascension d’Arrate, à 7 bornes du but, avec deux minutes d’avance. À peine le peloton des favoris arrivé dans cette même bosse, Astana lance Jakob Fuglsang à l’offensive. La sélection se fait immédiatement, et seuls Simon Yates, Ion Izagirre et Mikel Landa sont capables de répondre. Le maillot jaune Schachmann est logiquement en difficulté mais gère son effort. Devant Buchmann ne perd pas grand chose dans les deux premiers kilomètres d’ascensions et passe à cinq bornes du but avec un écart de 1’45 sur Fuglsang, Izagirre, Yates et Landa. Ce groupe grappille, mais difficilement, et perd même Landa quelques instants plus tard. C’est donc un trio qui s’en va tenter de limiter la casse face à Emanuel Buchmann, qui ne faiblit pas. Le coureur de la Bora-hansgrohe est même exalté par l’ambiance insufflée par les supporters basques sur le final de la bosse. Il concède certes quelques secondes mais passe au sommet avec une avance de 1’20 sur le trio Fuglsang-Izagirre-Yates. L’Allemand s’attache ensuite à bien gérer les deux derniers kilomètres de descente et s’en va alors conclure un superbe numéro. Buchmann s’offre l’étape en solitaire et le maillot, aux dépens de son collègue Schachmann, tandis qu’Izagirre prend la deuxième place du jour devant Yates et Fuglsang, à un peu plus d’une minute.

Classement de la cinquième étape

1 Emanuel Buchmann (BORA – hansgrohe)
2 Ion Izagirre (Astana) à 1’08
3 Adam Yates (Mitchelton-Scott) m.t
4 Jakob Fuglsang (Astana) m.t
5 Tadej Pogačar (UAE-Team Emirates) à 1’24
6 Dan Martin (UAE-Team Emirates) m.t
7 Mikel Landa (Movistar) à 1’50
8 Lucas Hamilton (Mitchelton-Scott) à 2’04
9 Maximilian Schachmann (BORA – hansgrohe) m.t
10 Patrick Konrad (BORA – hansgrohe) m.t

Général après la cinquième étape

1 Emanuel Buchmann (BORA – hansgrohe)
2 Ion Izagirre (Astana) à 0’54
3 Maximilian Schachmann (BORA – hansgrohe) à 1’04
4 Dan Martin (UAE-Team Emirates) à 1’32
5 Jakob Fuglsang (Astana) m.t
6 Patrick Konrad (BORA – hansgrohe) à 1’55
7 Adam Yates (Mitchelton-Scott) à 1’56
8 Daniel Felipe Martínez (EF Education First) à 2’11
9 Mikel Landa (Movistar) à 2’25
10 Tadej Pogačar (UAE-Team Emirates) m.t

Plus d’informations à venir…

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