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Tour d’Emilie : Giovanni Visconti impérial à San Luca

Un an après son dernier succès, Giovanni Visconti a renoué avec la victoire ce samedi, ceci à l’occasion du centième Tour d’Emilie de l’histoire. Et il l’a fait avec la manière. Le coureur de la Bahrain-Merida a pris les devants dans l’avant-dernière boucle autour de Bologne et n’a jamais été revu par les grands favoris, qu’il a su tenir en respect jusqu’au bout, avec l’aide de ses coéquipiers. Justement, son habituel leader Vincenzo Nibali a complété la démonstration de la Bahrain-Merida en allant chercher la seconde place au sommet du mur de San Luca, quelques secondes plus tard, tandis que Rigoberto Uran (Cannondale-Drapac) a complété le podium du jour.

Dans la 100ème édition du Tour d’Emilie, l’échappée du jour se forme après une dizaine de bornes. Elle est alors composée de sept hommes : Davide Ballerini (Androni Sidermec), Adrien Niyonshuti (Team Dimension Data), Redi Halilaj (Amore e Vita Selle SMP), Francois Bidard (Ag2r La Mondiale), Nicolas Edet (Cofidis Solutions Credits), Fabien Doubey (Wanty – Groupe Gobert) ainsi que Jacopo Mosca (Wilier Triestina – Selle Italia). Le peloton laisse l’échappée se développer mais un contre se développe, mené par deux coureurs, Lorenzo Rota (Bardiani – Csf) et Nicola Bagioli (Nippo-Vini Fantini). C’est finalement après une chasse d’environ quarante kilomètres, soit une heure de course, que les poursuivants parviennent à intégrer l’échappée, qui se porte donc à neuf unités. Les équipes de leaders, quant à elle, se contentent dans un premier temps de maintenir l’écart autour des sept minutes. L’échappée s’en va franchir la plus grosse difficulté du jour, le Passo Zanchetto (19,7 km à 5%), en tête, mais le peloton accélère vivement dans cette même ascension. Il ne pointe plus qu’à quatre minutes au sommet, alors que 130 kilomètres restent à couvrir. Au bas de la descente, Niyonshuti perd contact avec ses compagnons de fuite, qui entament les cent derniers kilomètres avec un avantage de quatre minutes.

Ils prennent alors la direction du circuit final, qu’ils entament près de 60 bornes plus tard, avec à peine deux minutes d’avance. La première ascension de San Luca (2,1 km à 10%) se présente quelques instants plus tard et elle fait déjà des dégâts. En tête, Mosca et Ballerini prennent quelques longueurs d’avance et sont rejoints peu après par Edet ainsi que Doubey. Le peloton roule également à une vive allure dans cette première montée du « mur » de San Luca. L’homme en forme du moment Guillaume Martin (Wanty-Groupe Gobert) initie alors une attaque en compagnie de Mikaël Chérel (AG2R-La Mondiale) et Giovanni Visconti (Bahrain-Merida). Le trio ne tarde pas à reprendre Ballerini, lâché dans la descente. Le peloton navigue alors à moins d’une minute. Les coureurs reprennent la direction de l’ascension San Luca, et si rien ne bouge dans les groupes de tête, Edoardo Zardini (Bardiani-CSF) et Francesco Manuel Bongiorno (Sangemini – MG.Kvis) sortent eux du peloton. Ils avalent le groupe Martin-Chérel-Visconti, où ce dernier ne participait aux relais, et s’en vont ensuite chercher le trio de tête. Trente secondes plus loin, la Team Sky mène l’allure par l’intermédiaire de Kenny Elissonde et tente ainsi d’opérer une sélection par l’arrière dans le peloton.

À l’entame du troisième tour, Edet, Doubey et Mosca mènent toujours les débats, cependant, Zardini et Bongiorno se rapprochent dangereusement. Les deux Transalpins parviennent d’ailleurs à établir la jonction dans cette troisième boucle, avant même que la montée de San Luca ne se présente. Alors, et dès le pied, ils décrochent les échappés matinaux. Toutefois, le peloton accélère l’allure sous l’impulsion de la Bahrain-Merida de Vincenzo Nibali. Avant même le sommet, tous les fuyards sont donc avalés et c’est un peloton d’une quarantaine de coureurs qui entame les deux derniers tours, soit les 20 dernières bornes. Les équipiers du Requin de Messine garde les commandes pendant quelques kilomètres mais finissent par envoyer Giovanni Visconti à l’attaque, à 16 kilomètres de la ligne. Dès lors, ce sont la Sky et la FDJ qui prennent la chasse en main. Visconti s’en va tout de même entamer l’avant-dernière montée de San Luca avec une quinzaine de secondes d’avance et la Sky visse dès les premières pentes avec Diego Rosa. Malgré tout, l’homme de tête résiste admirablement et passe au sommet en solitaire, avec une marge avoisinant les 30 secondes sur un peloton d’une vingtaine d’unités !

Visconti peut alors entrevoir la victoire. Son coéquipier Franco Pellizotti fait en tous les cas tout pour favoriser ses desseins en allant chercher les contres qui interviennent dans la descente. Une descente dans laquelle Esteban Chaves (Orica-Scott) prend les rênes. Le Colombien emmène la chasse mais se retrouve soudainement à terre, victime d’une glissade. Le Colombien retombe lourdement sur son épaule, quelques concurrents sont gênés et le peloton se désorganise quelque peu. De son côté, Visconti entame les quatre derniers kilomètres avant une avance toujours stable de trente secondes et c’est la BMC qui prend dès lors la charge de la poursuite. En tête, l’Italien aborde malgré tout l’ultime ascension de San Luca avec un bel avantage. Derrière, le groupe des favoris arrive avec 30 secondes de retard et la Cannondale-Drapac tente de relancer avec Davide Villella, sans grande efficacité. Quelques attaques se succèdent mais la plus tranchante s’avère être celle de Gianni Moscon ! Le coureur de la Sky fait une différence puis est pris en chasse par Vincenzo Nibali, lui-même suivi par Nicolas Roche. Nibali se contente de revenir dans la roue du coureur de la Sky alors que son compère Visconti garde le cap. On temporise en chasse, ce qui permet aussi le retour d’Uran, tandis que devant, Visconti retrouve une pente plus douce et s’envole alors vers la victoire. Après un joli numéro de quinze kilomètres, le Sicilien s’impose donc dans cette 100e édition du Tour d’Emilie et Vincenzo Nibali parachève le succès collectif avec une deuxième place quelques secondes plus tard. Rigoberto Uran (Cannondale-Drapac) se classe troisième au sommet.

Classement

1. Giovanni Visconti (Bahrain-Merida)
2. Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) à 0’12
3. Rigoberto Uran (Cannondale-Drapac) à 0’15
4. Nicolas Roche (BMC) à 0’19
5. Gianni Moscon (Team Sky) à 0’23
6. Alexis Vuillermoz (AG2R-La Mondiale) à 0’26
7. Diego Ulissi (UAE Team Emirates) m.t
8. Thibaut Pinot (FDJ) m.t
9. Jack Haig (Orica-Scott) à 0’31
10. Ben Hermans (BMC) à 0’32

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