(c) Sirotti

Giro : La passe de deux pour Caleb Ewan

La onzième étape du Giro n’était, sur le papier, pas la plus passionnante. Comme hier, le relief est inexistant et les difficultés absentes. La distance est quand à elle supérieure, dépassant les 220 kilomètres. Comme de juste, la course s’est résumée à un duel à distance entre les échappées et le peloton. Au final, le sprint massif couronne Caleb Ewan, qui profite d’un vent de face pour sortir au dernier moment et devancer Arnaud Demare. Le français s’empare du maillot cyclamen. 

Le soleil brille au départ de Carpi, en plein coeur de la province de Modène. Une longue étape s’annonce pour les coureurs, et le maillot cyclamen Pascal Ackermann se montre pessimiste sur ses chances de conserver sa tunique après sa lourde chute de la veille. Beaucoup de sprinteurs disputent d’ailleurs leur dernier jour sur le Giro 2019. C’est notamment le cas d’Elia Viviani et de Caleb Ewan, qui ne prévoient pas de prendre le départ demain matin. Le départ réel est donné à midi pile, et très vite la bonne échappée se dégage. Nous retrouvons des habitués des longues échappées à l’avant, avec la présence d’un trio composé de Marco Frapporti (Androni Giocatolli – Sidermec), Mirco Maestri (Bardiani – CSF) et Damiano Cima (Nippo Vini Fantini). Ce dernier est d’ailleurs en tête du classement des sprints intermédiaires. Le scénario de la course semble alors déjà écrit alors qu’il reste plus de 200 kilomètres à parcourir. Les hommes de tête abordent cette barrière avec une avance frôlant les six minutes, alors que derrière les formations Lotto-Soudal, Deceunick-Quickstep et Groupama-FDJ contrôlent étroitement la poursuite.

A mesure que les kilomètres défilent, l’écart décroit progressivement : 5′ à 175km de l’arrivée, 4’30” à 150km, 4′ à 125km. Rien ne vient d’ailleurs troubler la marche du peloton, qui entre dans les cent derniers kilomètres avec un retard dépassant à peine les trois minutes, à la sortie de la zone de ravitaillement. L’événement le plus marquant se déroule finalement pendant la traversée de Fiorenzuola d’Arda, ville d’origine de Jacopo Guarnieri, qui en profite pour s’arrêter et saluer sa famille sur le bord de la route. Après trois heures de course, la moyenne ne dépasse pas les 42 km/h, et le rythme du peloton reste relativement calme. Le seul changement notable concerne la météo, avec une température qui se renforce légèrement. Survient en suite le premier sprint intermédiaire de San Zenone al Po. Dans l’échappée, c’est bien évidemment Damiano Cima qui passe en tête et qui renforce du même coup sa position de leader de la spécialité. Derrière, le sprint est serré entre Demare, Ackermann et Selig, mais c’est finalement le français qui passe en tête devant Selig. Avec ce résultat, le beauvaisien s’empare provisoirement du maillot cyclamen. Les cinquante derniers kilomètres se profilent alors, et le peloton décide enfin d’accélérer sérieusement.

Ainsi, le trio de tête perd directement trente secondes en moins de cinq kilomètres, et son avance ne va cesser de diminuer. A 45 kilomètres du but, le trois de devant ne disposent plus que de deux minutes d’avance. Arrive alors le second sprint intermédiaire du jour, qui ne distribue que des bonifications. Contrairement au premier, c’est Maestri qui passe en tête devant Frapporti et Cima. L’objectif est visiblement atteint pour les hommes de tête, qui décident de se relever après 195 kilomètres à l’avant. C’est donc la dernière partie de l’étape qui débute, et les différents trains des sprinteurs, mais aussi des favoris, viennent se replacer à l’avant de la course.

Après une délicate traversée de Tortona, le peloton reste tranquille jusqu’à l’entame des dix derniers kilomètres. C’est à ce moment là que la formation Lotto-Soudal décide de mettre en marche. La nervosité augmente alors d’un cran, ce qui n’empêche pas Pascal Ackermann de remonter pour disputer le sprint malgré sa chute de la veille. A quatre kilomètres du but, Christian Knees tente d’anticiper, mais son attaque est rapidement contrôlée. Le final se fait vent de face, et la Groupama-FDJ sort un peu tôt, avant de se faire déborder à 500m de l’arrivée. La Bora-Hansgrohe emmène le sprint, mais c’est Caleb Ewan qui déboîte et qui s’impose devant un Demare  fort mais légèrement enfermé. Deuxième victoire pour l’australien, et maillot cyclamen pour le français. Conti reste en rose.

Le top 10 de l’étape :

1 EWAN Caleb Lotto Soudal 5:17:26
2 DÉMARE Arnaud Groupama – FDJ  ,,
3 ACKERMANN Pascal BORA – hansgrohe  ,,
4 VIVIANI Elia Deceuninck – Quick Step  ,,
5 CIMOLAI Davide Israel Cycling Academy  ,,
6 CONSONNI Simone UAE-Team Emirates  ,,
7 GIBBONS Ryan Team Dimension Data  ,,
8 NIZZOLO Giacomo Team Dimension Data  ,,
9 MARECZKO Jakub CCC Team  ,,
10 BENNETT Sean EF Education First  ,,

Le général :

1 CONTI Valerio UAE-Team Emirates  45:02:05
2 ROGLIČ Primož Team Jumbo-Visma 1:50
3 PETERS Nans AG2R La Mondiale 2:21
4 ROJAS José Joaquín Movistar Team 2:33
5 MASNADA Fausto Androni Giocattoli – Sidermec 2:36
6 AMADOR Andrey Movistar Team 2:39
7 ANTUNES Amaro CCC Team 3:05
8 MADOUAS Valentin Groupama – FDJ 3:27
9 CARBONI Giovanni Bardiani – CSF 3:30
10 BILBAO Pello Astana Pro Team 3:32

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