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(c) Sirotti

Tour de France : Dylan Teuns au bout de l’échappée, Giulio Ciccone en jaune

Les candidats du général étaient attendus, ce sont finalement les baroudeurs qui ont réglé la première arrivée au sommet du 106e Tour de France. Ce jeudi, le peloton avait rendez-vous avec une véritable étape de montagne. Entre Mulhouse et le sommet de La Planche des Belles Filles, il y avait alors sept ascensions réparties en 160,5 kilomètres. Un terrain de jeu idéal pour les candidats au général, qui ne se sont pas disputés la victoire pour autant. Ce sont en fait les derniers rescapés de l’échappée matinale, Dylan Teuns et Giulio Ciccone, qui ont joué la victoire. Teuns a réglé son compagnon dans le dernier hectomètre de l’étape. Ciccone pouvait néanmoins se consoler avec le gain du maillot jaune qu’il chipe à Julian Alaphilippe pour six secondes. Ultime coureur de l’échappée matinale, Xandro Meurisse a conclu troisième. Les places d’honneur ont été réglées par les favoris, Geraint Thomas en tête. 

La bataille pour prendre l’échappée est moins longue que prévue. Après deux kilomètres rapides, Thomas De Gendt (Lotto Soudal) s’enfuit et emmène avec lui une solide grappe de coureurs. Ils sont alors treize à suivre le baroudeur belge avec notamment son coéquipier de maillot à pois Tim Wellens. Parmi les courageux du jour, on retrouve aussi Benoît Cosnefroy (AG2R-La Mondiale), Dylan Teuns (Bahrain-Merida), Serge Pauwels (CCC), Julien Bernard, Giulio Ciccone (Trek-Segafredo), Nikias Arndt (Sunweb), Natnael Berhane (Cofidis), Fabien Grellier (Total Direct Energie), Nils Politt (Katusha-Alpecin), Xandro Meurisse, Andrea Pasqualon (Wanty-Gobert) et André Greipel (Arkéa-Samsic). Le peloton laisse filer cet imposant groupe, pourtant constitué d’excellents grimpeurs. Au contraire, Nicolas Edet (Cofidis), malade, est distancé dès le départ et s’apprête à vivre une terrible journée.

Dès la première ascension, celle du Markstein (1ère cat., 10,8km à 5,5%), le meilleur grimpeur du Giro Ciccone conteste le maillot à pois Tim Wellens, mais en vain. Le Belge empoche dix points supplémentaires, avant de laisser De Gendt dominer l’Italien au sommet du Grand Ballon (3e cat., 1,3km à 9%). Invisible depuis le départ mais coureur de l’échappée le mieux classé au général, Ciccone affiche là ses ambitions en plus d’une forme semble-t-il similaire à celle du Giro. Après ces deux premières difficultés, l’échappée continue à quatorze et maintient le peloton à plus de sept minutes. En tête de ce dernier, c’est la Deceuninck-Quick Step de Julian Alaphilippe qui dicte l’allure. Les hommes de Patrick Lefevere ne sont épaulés par aucune autre formation.

La situation est inchangée à 90 kilomètres de l’arrivée, lorsque les 14 coureurs de tête abordent la montée du Col du Hunsdruck (2e cat., 5,3km à 6,9%). L’échappée se présente au complet à l’abord du sommet. Wellens place une accélération, mais se fait surprendre par Berhane. Le champion d’Erythrée empoche là cinq points en passant devant le maillot à pois. Le peloton rallie le sommet avec 7’50” de retard, toujours sous la conduite des Deceuninck-Quick Step. Les candidats au général semblent se désintéresser de la victoire d’étape. La tendance se confirme au pied du Ballon d’Alsace (1ère cat., 11km à 5,8%). L’échappée s’y présente avec 8’25” de marge. A l’arrière, ce sont toujours les coéquipiers d’Alaphilippe qui emmènent à un rythme peu soutenu.

L’échappée collabore parfaitement, mais perd un homme dès le début de la montée lorsque Greipel s’écarte. A l’arrière, Nicolas Edet abandonne après avoir fait toute la première partie de course en solitaire. Il est le deuxième coureur à quitter la course, après Patrick Bevin (CCC) qui ne s’est pas présenté au départ ce matin. Les choses semblent enfin évoluer en tête de peloton dans l’ascension du Ballon d’Alsace lorsque Luke Rowe (Ineos) vient rouler en tête. Il n’en est rien. Rowe redonne la main aux Deceuninck-Quick Step après un relais de 500 mètres. En tête, l’échappée continue sa route à treize unités. Wellens règle son monde au sommet et empoche dix points supplémentaires, cette fois devant Ciccone et Meurisse. La course se lance finalement à l’arrière, lorsque la Movistar prend les commandes. Les hommes de la formation espagnole étirent le peloton et ramènent l’échappée à 7’25” au sommet.

L’échappée se présente au pied du Col des Croix (3e cat., 3,3km à 6,1%), la cinquième difficulté du jour, avec sept minutes de marge. En tête de peloton, Bora-hansgrohe vient épauler Movistar dans la descente avant de laisser la formation espagnole dicter le rythme dans la montée. A l’avant, De Gendt attaque l’échappée au sommet et bascule seul en tête. Il va alors tenter de rallier l’arrivée en solitaire, alors que le peloton se rapproche vivement. Au passage du sommet, le chrono n’indique plus que 5’35” d’écart. Le baroudeur belge creuse l’écart sur ses anciens compagnons de fuite et se présente au pied du Col des Chevrères (2e cat., 3,5km à 9,5%) avec 35″ d’avance. Le peloton est à 5’15” à ce stade.

Cette avant-dernière ascension fait complètement exploser le groupe de chasse. De Gendt s’écrase également sur les pourcentages les plus violents. Il se fait alors reprendre et distancer par Ciccone, Wellens, Teuns et Meurisse. Ces quatre-là tiennent bon jusqu’au sommet, le meilleur grimpeur du Giro empochant le maximum de points au classement de la montagne ainsi que huit secondes de bonification au général. Le peloton en termine de l’ascension avec quatre minutes de retard, mais ne parvient pas à se rapprocher dans la descente. C’est alors avec une avance inchangée que le quatuor se présente au pied de la Planche des Belles Filles (1ère cat., 7km à 8,7%).

Dès les premiers pourcentages, Ciccone et Teuns se montrent les plus forts et distancent leurs deux compagnons. Ils vont se disputer le gain de l’étape, malgré le retour rapide du peloton. Ils tiennent à deux jusqu’au dernier hectomètre de course. Là, Teuns se défait de Ciccone sur les pourcentages les plus violents et s’offre une victoire de prestige. L’Italien se console en s’emparant du maillot jaune. Dernier rescapé de l’échappée matinale, Meurisse conclut troisième en retrait. Ce sont ensuite les favoris qui ont joué les places d’honneur, Geraint Thomas (Ineos) devançant Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) et Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) sur la ligne. Ce dernier, auteur d’une belle attaque dans le final, perd la tête du classement général pour six petites secondes.

Le classement de la sixième étape : 
1. Dylan Teuns (Bahrain-Merida) en 4h29’03”
2. Giulio Ciccone (Trek-Segafredo) à 11″
3. Xandro Meurisse (Wanty-Gobert) à 1’05”
4. Geraint Thomas (Ineos) à 1’44”
5. Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) à 1’46”
6. Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) m.t.
7. Nairo Quintana (Movistar) à 1’51”
8. Emanuel Buchmann (Bora-hansgrohe) m.t.
9. Jakob Fuglsang (Astana) à 1’53”
10. Mikel Landa (Movistar) m.t.

Le classement général après la sixième étape : 
1. Giulio Ciccone (Trek-Segafredo) en 23h14’55”
2. Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) à 6″
3. Dylan Teuns (Bahrain-Merida) à 32″
4. George Beneett (Jumbo-Visma) à 47″
5. Geraint Thomas (Ineos) à 49″
6. Egan Bernal (Ineos) à 53″
7. Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) à 58″
8. Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma) à 1’04”
9. Michael Woods (EF Education First) à 1’13”
10. Rigoberto Uran (EF Education First) à 1’15”

 

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