{"id":143708,"date":"2019-10-12T16:35:23","date_gmt":"2019-10-12T14:35:23","guid":{"rendered":"https:\/\/cyclingpro.net\/velopro\/?p=143708"},"modified":"2019-10-12T17:11:30","modified_gmt":"2019-10-12T15:11:30","slug":"tour-de-lombardie-le-jour-de-gloire-de-bauke-mollema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cyclingpro.net\/velopro\/course\/il-lombardia\/tour-de-lombardie-le-jour-de-gloire-de-bauke-mollema\/","title":{"rendered":"Tour de Lombardie : Le jour de gloire de Bauke Mollema"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les Pays-Bas attendaient cela depuis 1981 et Hennie Kuiper. Et c&rsquo;est Bauke Mollema qui a aujourd&rsquo;hui mis un terme leur disette sur le Tour de Lombardie en s&rsquo;imposant, \u00e0 la surprise quasi-g\u00e9n\u00e9rale, dans les rues de C\u00f4me apr\u00e8s 243 kilom\u00e8tres de course. Le tout en solitaire ! \u00c0 32 ans, le coureur de la Trek-Segafredo s&rsquo;offre ainsi sa plus grande victoire en carri\u00e8re et son tout premier Monument. Parti seul, au bon moment, dans le Civiglio, le N\u00e9erlandais n&rsquo;a jamais faibli mais a \u00e9galement profit\u00e9 d&rsquo;une certaines neutralisation entre les grands favoris derri\u00e8re. Alejandro Valverde (Movistar) a \u00e9t\u00e9 le premier d&rsquo;entre eux \u00e0 franchir la ligne derri\u00e8re Mollema, r\u00e9glant au sprint Egan Bernal (Team Ineos) et Jakob Fuglsang (Astana).<\/em><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s1\">Au d\u00e9part de Bergame, \u00e0 10h30, sur le cinqui\u00e8me et dernier Monument de la saison, il faut \u00e0 peine dix kilom\u00e8tres pour voir l\u2019\u00e9chapp\u00e9e du jour se dessiner. Huit coureurs y prennent place, dont deux vainqueurs d\u2019\u00e9tape sur le dernier Giro, <\/span><span class=\"s2\">Fausto\u00a0Masnada (Androni-Sidermec) et Cesare Benedetti (Bora-hansgrohe), un coureur victorieux sur la Vuelta en la personne de R\u00e9mi Cavagna (Deceuninck-Quick Step) mais \u00e9galement Davide Ballerini (Astana), Enrico Barbin (Bardiani-CSF), Toms Skujins (Trek-Segafredo),<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Petr Rikunov (Gazprom-Rusvelo) ainsi que l\u2019exp\u00e9riment\u00e9 Marco Marcato (UAE Team Emirates).\u00a0Tr\u00e8s vite, le peloton se d\u00e9cide \u00e0 laisser le champ libre \u00e0 ces hommes. Et si la Jumbo-Visma ne tarde pas \u00e0 se placer en t\u00eate, elle laisse l\u2019\u00e9cart grandir \u00e0 cinq minutes. Telle est l\u2019avance des huit fuyards \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans les 200 derniers kilom\u00e8tres, apr\u00e8s environ une heure de course.\u00a0<\/span><span class=\"s2\">Se pr\u00e9sentent alors les premiers reliefs du parcours, avec le Colle Gallo puis, plus loin, le Colle Brianza. Apr\u00e8s ces deux ascensions, la mi-parcours est franchie et l\u2019\u00e9cart est encore relativement stable autour des cinq minutes. Ce n\u2019est finalement qu\u2019\u00e0 cent bornes du but que l\u2019allure commence \u00e0 s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer au sein du paquet, avec l\u2019arriv\u00e9e des formations Ineos et Movistar aux c\u00f4t\u00e9s de la Jumbo-Visma. <\/span><span class=\"s2\">Dans l\u2019\u00e9chapp\u00e9e, le jeune Russe Petr Rikunov est le premier \u00e0 faiblir. Un peu plus loin, Davide Ballerini doit lui aussi abandonner sa place \u00e0 l\u2019avant, mais \u00e0 cause d\u2019un probl\u00e8me m\u00e9canique. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s2\">Alors, au moment de retrouver les bords du Lac de C\u00f4me, \u00e0 environ 80 kilom\u00e8tres de la ligne, on ne retrouve plus que six hommes en t\u00eate, avec un avantage r\u00e9duit \u00e0 quatre minutes. <\/span><span class=\"s2\">Juste le temps de se ravitailler qu\u2019il faut ensuite aller chercher la premi\u00e8re bosse importante du final, \u00e0 savoir la Madonna del Ghisallo (8,6 km \u00e0 6,2%). Celle-ci se pr\u00e9sente \u00e0 73 kilom\u00e8tres, tr\u00e8s exactement, de l\u2019arriv\u00e9e, et l\u2019\u00e9chapp\u00e9e vole imm\u00e9diatement en \u00e9clats. Dans un premier temps, ce sont Toms Skujins et R\u00e9mi Cavagna qui prennent les commandes, mais au train, Fausto Masnada revient sur eux et les d\u00e9pose ! Le jeune Transalpin insiste alors que derri\u00e8re, Ineos imprime d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 un train tr\u00e8s rapide. Le peloton perd des \u00e9l\u00e9ments pendant que Masnada tente de faire fructifier sa pr\u00e9sence en t\u00eate dans l\u2019espoir d\u2019aller le plus loin possible. Dans un premier temps, cela lui permet d\u2019abord de passer en t\u00eate au sommet de la Madonna del Ghisallo, o\u00f9 sonnent les fameuses cloche comme de coutume. Dans son sillage Toms Skujins s\u2019accroche et revient dans la descente. <\/span><span class=\"s2\">Un peu plus loin, Bob Jungels fait lui l\u2019effort apr\u00e8s avoir attaqu\u00e9 du peloton. Le Luxembourgeois se rapproche m\u00eame \u00e0 une minute du duo de t\u00eate au sommet tandis que le peloton, encore et toujours emmen\u00e9 par Ineos, passe avec deux minutes de retard. <\/span><span class=\"s2\">Apr\u00e8s une descente tr\u00e8s rapide et un mini bout de plat, les coureurs se pr\u00e9sentent au pied de l\u2019ascension de Sormano, d\u00e9compos\u00e9e en deux parties : une premi\u00e8re roulante (5,1 km \u00e0 6,6%) et puis le Mur (1,9 km \u00e0 15,8%, max \u00e0 27%). <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s2\">L\u2019avantage de Skujins et Masnada est m\u00eame r\u00e9duit \u00e0 1\u201930 au moment de d\u00e9marrer cette bosse cruciale. <\/span><span class=\"s2\">Le paquet, lui, est toujours sous la m\u00e8ne des \u00e9quipiers d\u2019Egan Bernal, qui neutralisent d\u2019ailleurs rapidement une offensive de Simon Geschke (CCC), Pierre Rolland (Vital Concept-B&amp;B Hotels) et Gianluca Brambilla (Trek-Segafredo) dans les premi\u00e8res pentes du Sormano.\u00a0<\/span><span class=\"s2\">Jungels, pour sa part, continue sa belle remont\u00e9e et s\u2019en va d\u2019ailleurs cueillir les deux hommes de t\u00eate \u00e0 53 kilom\u00e8tres de la ligne, peu avant le Mur de Sormano. Mais avant m\u00eame de l\u2019entamer, Masnada est d\u00e9croch\u00e9. Ils sont donc deux \u00e0 se pr\u00e9senter sur ces pentes vertigineuses avec une maigre avance de trente secondes sur le peloton. <\/span><span class=\"s2\">Une avance d\u2019autant plus maigre qu\u2019elle est r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant en l\u2019espace de quelques instants par l\u2019attaque de Rafal Majka (Bora-hansgrohe) depuis le peloton.\u00a0<\/span><span class=\"s2\">Le Polonais est en effet le premier \u00e0 lancer les hostilit\u00e9s, et il est suivi par Ivan Sosa (Team Ineos), Michael Woods (EF Education First) et Pierre Latour (AG2R-La Mondiale) dans un premier temps. <\/span><span class=\"s2\">Ce quatuor prend quelques m\u00e8tres sur le reste du peloton o\u00f9 de nouveaux contres font irruption. Parmi les nouveaux attaquants, Jakob Fuglsang (Astana), Giulio Ciccone (Trek-Segafredo), Ruben Fernandez (Movistar), Sepp Kuss (Jumbo-Visma) mais aussi David Gaudu (Groupama-FDJ).<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s2\">Et si personne ne parvient \u00e0 faire de diff\u00e9rence nette \u00e0 l\u2019avant, c\u2019est donc surtout par l\u2019arri\u00e8re que la s\u00e9lection s\u2019op\u00e8re. Malgr\u00e9 tout, \u00e0 l\u2019approche du sommet, ils sont encore une bonne vingtaine \u00e0 se tenir en quelques secondes, et si Ciccone insiste en compagnie de Majka, il ne peut emp\u00eacher un regroupement dans la descente. Les cinquante derniers kilom\u00e8tres sont d\u00e8s lors entam\u00e9s et tous les favoris sont encore pr\u00e9sents en t\u00eate. Au terme de la descente, effectu\u00e9e \u00e0 toute vitesse par Jakob Fuglsang, on d\u00e9nombre 25 coureurs. Puis les coureurs retrouvent les bords du lac de C\u00f4me pour quinze kilom\u00e8tres tout plats avant d\u2019aller chercher le Civiglio. <\/span><span class=\"s2\">Cette portion de transition est alors comme souvent source de nouvelles offensives. <\/span><span class=\"s2\">Giulio Ciccone (Trek-Segafredo) re-tente, suivi par Ivan Sosa (Team Ineos) mais c\u2019est finalement un duo compos\u00e9 d\u2019Emanuel Buchmann (Bora-hansgrohe) et Tim Wellens (Lotto-Soudal) qui r\u00e9ussit \u00e0 cr\u00e9er une br\u00e8che. Les deux hommes prennent dix puis vingt secondes et ce sont alors les \u00e9quipiers de Primoz Roglic qui viennent imposer le tempo dans ce qu\u2019il reste du peloton. L\u2019\u00e9cart est finalement maintenu \u00e0 environ une demi-minute pendant plusieurs kilom\u00e8tres alors qu\u2019une dizaine de coureurs parviennent \u00e0 recoller au peloton gr\u00e2ce un bel effort dans la descente puis sur le plat. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s2\">\u00c0 25 bornes de la ligne, soit \u00e0 cinq du Civiglio (4,2 km \u00e0 9,7%), on retrouve ainsi une quarantaine d\u2019hommes \u00e0 la poursuite de Wellens et Buchmann. Le Belge et l\u2019Allemand conservent 30 secondes au pied de cette avant-derni\u00e8re difficult\u00e9 du jour, o\u00f9 Thibaut Pinot avait construit sa victoire en 2018. <\/span><span class=\"s2\">N\u00e9anmoins, la Movistar embraye d\u00e8s le pied au sein du peloton et Ruben Fernandez fait exploser plus de la moiti\u00e9 des concurrents, dont un certain Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida). L\u2019\u00e9quipier de Valverde emm\u00e8ne dans sa roue une petite dizaine d\u2019hommes mais finit par se relever apr\u00e8s un kilom\u00e8tre d\u2019ascension extr\u00eamement intense. <\/span><span class=\"s2\">Les favoris se retrouvent alors livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, et Buchmann poursuit lui son effort quelques longueurs devant Alejandro Valverde, Primoz Roglic, Jakob Fuglsang, Michael Woods, Pierre Latour, David Gaudu, Ivan Sosa, Egan Bernal ou bien Jack Haig.\u00a0<\/span><span class=\"s2\">Gaudu montre une premi\u00e8re fois les dents, suivi par Woods avant que Sosa ne remette tout en ordre. Il faut finalement une attaque de Valverde pour dynamiter davantage l\u2019\u00e9preuve. <\/span><span class=\"s2\">Le champion d\u2019Espagne place une acc\u00e9l\u00e9ration tranchante, d\u00e9pose <\/span><span class=\"s2\">Buchmann, mais ne peut se d\u00e9faire de Woods. Puis, c\u2019est Roglic qui d\u00e9cide de faire l\u2019effort et de ramener sur son porte-bagage Gaudu, Bernal, Mas, Latour, Haig Sosa, Buchmann \u2026 et Mollema !<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s2\">Dernier rentr\u00e9, le N\u00e9erlandais profite imm\u00e9diatement d\u2019un moment d\u2019accalmie et de temporisation pour proposer un contre. Effectu\u00e9 dans le bon timing, celui-ci est de suite concluant. En l\u2019espace de deux minutes, le N\u00e9erlandais prend 30 secondes d\u2019avance ! Derri\u00e8re, personne n\u2019ose faire l\u2019effort si ce n\u2019est Pierre Latour, qui ne cesse d\u2019attaquer. \u00c0 chaque fois pris en chasse, le Fran\u00e7ais s\u2019y reprend \u00e0 cinq fois pour finalement s\u2019isoler en contre. Au sommet du Civiglio, il accuse n\u00e9anmoins un retard de 15 secondes sur Mollema, contre 25 pour le reste des favoris.\u00a0\u00a0<\/span><span class=\"s2\">Moins \u00e0 l\u2019aise en descente, Latour est rapidement repris apr\u00e8s une acc\u00e9l\u00e9ration de Valverde. Et si Fuglsang prend le relais en tentant de faire le forcing parmi les poursuivants, Mollema g\u00e8re parfaitement sa descente et en ressort avec pas moins de 40 secondes sur le contre ! <\/span><span class=\"s2\">Un contre o\u00f9 certains \u00e9l\u00e9ments font leur retour \u00e0 l\u2019instar de Buchmann, Yates ou bien Molard. Et c\u2019est d\u2019ailleurs apr\u00e8s une relance du Fran\u00e7ais que Primoz Roglic se jette dans la roue et d\u00e9cide de se faire la malle \u2026 sur le plat, entre le Civiglio et San Fermo della Battaglia. Le Slov\u00e8ne fait imm\u00e9diatement le trou sur le reste de la poursuite, mais ne reprend pas tant \u00e0 Mollema.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"s2\"> L\u2019homme de t\u00eate se pr\u00e9sente en effet au pied de l\u2019ultime bosse (2,7 km \u00e0 7,2%) avec 30 secondes sur le vainqueur de la Vuelta et 35 sur le reste des chasseurs. Il reste alors sept bornes \u00e0 couvrir, mais Mollema ne faiblit pas. C\u2019est en second rideau que l\u2019action reprend de plus belle. Valverde et Woods redonnent de l\u2019impulsion sur les premi\u00e8res pentes et permettent ainsi un retour sur Roglic \u00e0 six bornes de la ligne, avec Bernal et Fuglsang. Ils sont alors cinq en contre mais une nouvelle fois, \u00e7a s\u2019\u00e9pie et \u00e7a se jauge. De son c\u00f4t\u00e9, Mollema ne se pose aucune question et, malgr\u00e9 une grosse attaque de Bernal, peut basculer avec 25 secondes d\u2019avance ! <\/span><span class=\"s2\">En poursuite, on semble alors jouer battu et Valverde place d\u2019ailleurs un contre au d\u00e9but de la descente. Il est un peu plus loin rejoint par Bernal et Fuglsang, mais le trio passe sous la flamme rouge avec plus de vingt secondes de retard sur Mollema, qui ne commet aucune faute avant de se pr\u00e9senter dans la derni\u00e8re ligne droite. Il peut alors prendre le temps de se relever, de se retourner, de constater que le Monument est sien et enfin de savourer la plus belle victoire de sa carri\u00e8re. Quelques instants plus tard, Valverde r\u00e8gle Bernal pour la deuxi\u00e8me place. Fuglsang \u00e9choue au pied du podium et Woods compl\u00e8te le top 5. <\/span><\/p>\n<p><strong>Classement<\/strong><\/p>\n<p>1 Bauke Mollema (Trek-Segafredo)<br \/>\n2 Alejandro Valverde (Movistar)<br \/>\n3 Egan Bernal (Team Ineos)<br \/>\n4 Jakob Fuglsang (Astana)<br \/>\n5 Michael Woods (EF Education First)<br \/>\n6 Jack Haig (Mitchelton-Scott)<br \/>\n7 Primoz Roglic (Jumbo-Visma)<br \/>\n8 Emanuel Buchmann (Bora-hansgrohe)<br \/>\n9 Pierre Latour (AG2R-La Mondiale)<br \/>\n10 Rudy Molard (Groupama-FDJ)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Pays-Bas attendaient cela depuis 1981 et Hennie Kuiper. Et c&rsquo;est Bauke Mollema qui a aujourd&rsquo;hui mis un terme leur disette sur le Tour de Lombardie en s&rsquo;imposant, \u00e0 la surprise quasi-g\u00e9n\u00e9rale, dans les rues de C\u00f4me apr\u00e8s 243 kilom\u00e8tres de course. 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