(c) Sirotti

Mondiaux – CLM : Tom Dumoulin s’offre un sacre éclatant

La saison de rêve se poursuit donc pour Tom Dumoulin. Déjà lauréat de son premier Grand Tour à l’occasion du Giro, et tout récemment champion du monde du chrono par équipes avec la Sunweb, le Néerlandais s’est adjugé avec autorité le maillot arc-en-ciel dans l’exercice du contre-la-montre ce mercredi, à Bergen. Il s’est ainsi imposé au terme de 31 kilomètres particulièrement accidentés avec une marge très conséquente d’une minute sur son dauphin du jour, Primoz Roglic (Slovénie) et un peu plus même sur celui qui était annoncé comme son principal rival, à savoir Chris Froome (Grande-Bretagne), finalement médaillé de bronze. Il est le premier, depuis Jan Ullrich, en 1999, à remporter un Grand Tour et le championnat du monde du chrono la même saison. Pour sa part, Alexis Gougeard prend une solide treizième place malgré un saut de chaine dans la dernière ascension.

Le premier à s’élancer sur le parcours très spécifique de Bergen, comprenant la montée finale de 3 kilomètres à 9% de moyenne, est aussi celui qui établit un premier sérieux temps de référence. Alexey Lutsenko (Astana), tout juste sorti d’une Vuelta fructueuse où il a remporté une étape, coupe la ligne en 47’45. Le tout malgré un changement de vélo désastreux au pied de l’ultime bosse. Un changement qui n’est néanmoins sans doute pas en faute quant à la perte du meilleur temps provisoire, pour 29 secondes, face au Belge Laurens De Plus. Dans cette première salve de coureurs, le coureur de la Quick Step Floors n’est plus inquiété par qui que ce soit. Dans le second groupe, le Russe Alexander Evtushenko fait sensation et réalise de bons intermédiaires, tout comme Nikias Arndt, mais c’est Jan Tratnik qui en impose le plus. Le Slovène de la CCC Sprandi-Polkowice, en retard par rapport à l’Allemand au dernier intermédiaire, se révèle le plus efficace dans la bosse finale. Il maintient un gros rythme qui lui permet d’aller chercher le meilleur temps, et de loin, en repoussant Laurens De Plus à 51 secondes. Arndt faiblit pour sa part logiquement dans la montée et coupe la ligne en seconde position provisoire, à 31 secondes.

Le troisième groupe, lancé dans le même temps, comprend surtout Yves Lampaert et Ignatas Konovalovas comme hommes à suivre. Le champion de Belgique le confirme en réalisant les meilleurs temps à tous les intermédiaires, sauf au dernier. Le coureur de la Quick Step Floors faiblit avant la montée finale, qui n’est pas non plus pour l’avantager. Konovalovas, pour sa part, garde un tempo relativement régulier sur l’ensemble du parcours. Finalement, au sommet, c’est le Lituanien qui réalise la meilleur marque parmi les deux hommes, mais il reste pointé à plus de trente secondes de Tratnik. Lampaert est déjà out pour la course au podium. Une médaille, c’est d’ailleurs l’objectif de Wilco Kelderman (Pays-Bas), qui démarre quelques instants plus tard, au sein du quatrième groupe qui comprend aussi Andrey Grivko ou Martin Toft Madsen. L’Ukrainien et le Néerlandais se révèlent être les plus dangereux à ce point de la course. Le premier cité monte d’ailleurs en puissance au fil du parcours pour finalement s’octroyer le meilleur temps au dernier intermédiaire, au pied de la bosse. Le coureur de la Sunweb arrive avec 12 secondes de retard et change de vélo, contrairement à son prédécesseur. Mais ce sont bien les rampes de la montée finale qui font la différence. À ce petit jeu, Kelderman se montre logiquement plus à l’aise et s’en va chercher le meilleur temps provisoire, pour neuf secondes devant Tratnik, tandis que Grivko est repoussé à 40 secondes sur la ligne.

Alors que le quatrième de la Vuelta peut s’installer dans le siège du leader provisoire, une salve de coureurs très intéressants démarre. On retrouve notamment le champion d’Europe Victor Campenaert, Nelson Oliveira, le Français Alexis Gougeard, Gianni Moscon ou encore Vasil Kiryienka. Dès les premiers instants, d’ailleurs, ces derniers montrent leurs intentions. Coups sur coups, Gougeard et Moscon établissent les meilleurs temps intermédiaires, suivis de près par Oliveira, en progression constante sur le circuit, et du diesel Kiryienka. Le Biélorusse est ainsi dans la même seconde que Moscon, auteur du meilleur temps, avant l’ascension finale. Avant eux, toutefois, Oliveira vient conclure une excellente montée en dépossédant Kelderman du meilleur temps, pour quatre secondes. Le Portugais frappe fort, et ne se voit pas menacé par Gougeard, victime d’un problème mécanique dans le dernier kilomètre. En revanche, Moscon et Kiryienka déboulent dans la foulée, mais tous deux se heurtent à la marque du coureur de la Movistar, pour moins d’une seconde ! Le Biélorusse échoue à 23 dixièmes, l’Italien à 97 dixièmes. Et c’est dans ce contexte très serré que les grands favoris démarrent alors, à leur tour.

Le premier à partir, Tejay Van Garderen, n’est pas le plus fringuant. Ilnur Zakarin l’est davantage dès le premier intermédiaire, mais se montre un peu plus discret au fil que la course avance. Qui plus est, la pluie fait son apparition pour le départ des tous meilleurs. Maciej Bodnar goût d’ailleurs au bitume dès le premier virage, ce qui n’est pas le cas de Primoz Roglic, parti juste derrière, qui réalise le meilleur temps au premier intermédiaire. Le Slovène conserve la tête face à Rohan Dennis, Tom Dumoulin ou encore Chris Froome. Mais ça ne dure pas. Et pour cause, le Néerlandais met en marche la machine et s’empare du meilleur temps après onze kilomètres. Il devance alors Dennis de onze secondes, Roglic de dix-neuf secondes et Froome de déjà 24 secondes ! Le coureur de la Sunweb semble déjà prendre ses distances, et cela se confirme encore davantage quand Rohan Dennis, le plus menaçant jusque là, chute à la mi-course. L’Australien se relève mais perd du temps et de la vigueur. Au quatrième intermédiaire, Dumoulin confirme sa nette domination et repousse alors ses concurrents à plus de 30 secondes, Roglic et Froome étant eux déjà pointés à 40 secondes.

C’est donc en toute sérénité que Tom Dumoulin se présente au pied de la bosse finale, où il explose la marque de Moscon, jusque là inégalée, de 40 secondes. Le champion du monde sortant Tony Martin constate lui aussi les dégâts et accuse 50 secondes de retard sur le Néerlandais, alors que le plus dur est à venir le concernant. Dans l’ultime bosse, Primoz Roglic déploie ses ailes d’ancien sauteur à ski et réalise une montée vertigineuse. Le Slovène de la LottoNL-Jumbo ne laisse ainsi aucune chance à Nelson Oliveira, qu’il devance de 30 secondes sur la ligne. À ce point de la course, seuls Froome et Dumoulin semblent alors en mesure de le battre. Rohan Dennis termine comme il peut, Castroviejo sort du top-10 puis c’est au tour de Chris Froome d’en terminer. Le Britannique s’emploie de toutes ses forces dans les derniers mètres, mais c’est pour garder sa place sur le podium. Il y parvient, finalement, en s’intercalant entre Roglic et Oliveira. Quelques instants plus tard, seulement, Tom Dumoulin arrive à son tour et déboule tel un boulet de canon pour littéralement exploser le temps de Roglic, de près d’une minute. Tony Martin ne peut rivaliser sur ce terrain et termine finalement à la neuvième place. Il rend ainsi sa couronne mondiale, que récupère, sans aucune contestation possible, Tom Dumoulin. Le Néerlandais devance de 57 secondes Roglic et de 1’21 Froome.

Classement 

1 Tom Dumoulin (Pays-Bas)
2 Primoz Roglic (Slovénie) à 0’57
3 Chris Froome (Grande-Bretagne) à 1’21
4 Nelson Oliveira (Portugal) à 1’28
5 Vasil Kiryienka (Biélorussie) à 1’28
6 Gianni Moscon (Italie) à 1’19
7 Wilco Kelderman (Pays-Bas) à 1’34
8 Rohan Dennis (Australie) à 1’37
9 Tony Martin (Allemagne) à 1’39
10 Jan Tratnik (Slovénie) à 1’43

Plus d’informations à venir…

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